Sentier des Asphodèles



Le sentier des Asphodèles sur le Causse de l’Hortus

L’Asphodèle (Asphodelus albus miller) est une plante caractéristique des terrains calcaires arides à forte dégradation. C’est grâce à ses tubercules, dont les hommes se sont nourris en période de disette, qu’elle renaît chaque année, pour produire une longue tige sur laquelle un épi de fleurs blanches va s’épanouir de mai à juillet. Cette grande tige, avec son épi, l’a fait associer aux bâtons des pèlerins de St Jacques de Compostelle.

À l’étape 6, le four à chaux est particulièrement intéressant. Sa forme parfaitement ronde avec la porte du côté opposé au sentier, donne la base de l’architecture de ce type de four. Les chaufourniers entassaient les pierres calcaires, légèrement décalées pour laisser un passage d’air, jusqu’à obtenir une forme ressemblant à un igloo. Ensuite les pierres étaient calcinées par un puissant feu de bois, 50 stères minimum, allumé et entretenu avec un accès au cœur du four, où la température atteignait 900°C, par une galerie. La calcination réduisait le calcaire, carbonate de calcium, en chaux vive, oxyde de calcium, par séparation avec le gaz carbonique, dioxyde carbonique. À la fin de la cuisson, il ne restait plus que le parement extérieur.
Cette chaux a servi sur le Causse pour les verriers, en durcissement du verre, mais aussi pour la construction, mortier et enduit, et l’agriculture, chaulage. Grand consommateur de bois (8 à 10 stères pour une charbonnière) et certainement à l’origine de feux de forêt, les chaufours ont été très réglementés dans leurs emplois. Aujourd’hui le ciment et la chaux sont produits avec les mêmes principes de chauffe mais en fours industriels et avec des adjuvants.

À l’étape 8, une loge de charbonnier marque la présence importante de cette activité en garrigue. La production du charbon de bois est fort ancienne et a certainement permis le vrai travail des métaux à l’origine de la ferronnerie. Pour obtenir du charbon, la méthode de la meule est la plus ancienne et la plus longtemps utilisée avant l’apparition des fours en fer. Le charbonnier entassait des bûches de bois (grand-homme), essentiellement du chêne vert, autour d’un poteau (le caritou), puis recouvrait l’ensemble de ramilles (petites branches feuillues) et enfin de terre. Il enlevait le poteau central et mettait le feu en déversant des braises à l’intérieur. Le feu remontait le long du conduit jusqu’au sommet de la meule de bois, par combustion et la température s’élevait à 500°C. En bouchant le trou central la carbonisation (ou pyrolyse) commençait. L’art du feu du charbonnier consistait alors à conduire le « feu » vers le bas de la meule en créant des appels d’air frais tout autour et progressivement en descendant. Pour ce faire, il grattait la terre qui recouvrait la meule et qui est un isolant précieux. Au bout de trois ou quatre jours, la carbonisation était complète, il suffisait d’étouffer le feu. Le sentier présente bien d’autres sites, témoin des activités rurales, pastorales et historiques, qui ont profondément modifiés le milieu des garrigues.

un livret explicatif est disponible au restaurant La Cour, Domaine de Baumes, point de départ du sentier

Non loin de là se trouve un splendide dolmen

  Le dolmen des Ferrières

Les mégalithes, dolmens, menhirs et cromlechs, sont très nombreux dans notre région. Une civilisation, celle des Ferrières, 2800 av JC, a marqué de son empreinte notre territoire et est à l’origine du magnifique dolmen éponyme près de Ferrières les Verreries. Tombe collective, le dolmen a servi pendant plusieurs siècles. Celui des Ferrières, bien encadré par son tumulus de pierres, montre des changements de disposition des chambres, signe d’une évolution dans l’emploi du monument. Le choix des personnes enterrées dans un dolmen reste un mystère qui laisse à penser qu’une certaine hiérarchie a commencé à prévaloir dans ces nouvelles sociétés structurées.

Château de Montferrand


Forteresse à trois enceintes

Certainement construite à partir du Xè S, comme en témoigne le « donjon » sommital, cette place forte s’est transformée au fil des siècles. Le choix stratégique est évident avec le surplomb de l’ancienne et très vieille route qui passe au col de Fambétou. Ce col, seul passage facile entre les collines, sépare le grand Pic St loup des falaises de l’Hortus. D’autres voies, installées dans l’Antiquité, passe non loin, avec deux péages du moyen âge à Ste Croix de Quintillargues et Restinclières. À l’époque gare aux « aventurii »(transporteur) qui ne voulaient pas payer. Ils étaient amenés devant le capitaine, seigneur du château, et parfois emprisonnés dans les terribles oubliettes au nom si doux de la Comtesse, la Marquise et la Diablesse (enceinte du haut). Le Vieux Monferrand, la deuxième enceinte, montre un renforcement de la place forte à l’époque de l’affreuse croisade des Albigeois. Raymond VI, Comte de Toulouse, donne ce château comme gage de soumission au légat du pape.

Les guerres de religions ont marqué la transformation de la forteresse avec la mise en place de parements inclinés anti-boulets sur la p
lus basse des enceintes. Au XVIè siècle les protestants investissent et tiennent la place pendant dix ans. Mais en 1622 Le Duc de Rohan, gendre de Sully, s’y cassa les dents et abandonna le siège tant la place était imprenable. L’évêque Fenouillet assiégé, fit tirer un boulet qui éclata une marmite de soupe des Camisards. La troupe repartit sans vaincre et s’en prit aux villages avoisinants.

À la fin du XVIIè siècle, la puissante forteresse tombera en ruine et servira de réserve à matériaux pour les constructions nouvelles. Une légende de trésors va accélérer sa destruction par les pilleurs du dimanche.


Pic St Loup



Ce n’est pas l’Everest mais il domine notre région en face des Cévennes

  LA FORÊT FACE NORD

À l’abri des rayons ardents du soleil, une forêt riche de mille espèces végétales s’est développée au pied des falaises du Pic St Loup. Profitant d’un sol frais et fertile, les chênes pubescents ont colonisé les éboulis, formés pendant les glaciations et reprennent le terrain à d’anciennes terrasses de cultures abandonnées. Ce terrain s’appuie sur une strate du crétacé, qui elle-même contient dans son pli en creux le bassin de St Martin de Londres, vestige d’un grand lac où sauriens et singes ont vécu au tertiaire. Le sous-bois abrite de petits arbres facilement reconnaissables : le laurier noble, celui que l‘on utilise pour les sauces, ensauvagé ici ; le sorbier des oiseleurs, baies rouges en grappe et feuilles en folioles ; l’alisier torminal, fruits rouges aussi mais feuilles semblables à celles de l’érable ou le fusain d’Europe qui a des petits fruits roses à quatre lobes en hiver. L’avifaune profite bien de ce milieu, en exemple le rare tichodrome qui niche bien plus au nord d’habitude ou les moyens et grands ducs, hiboux de fière allure. Quelques traces d’activités humaines rappellent l’époque du travail agricole. Chemins étayés, clapas (tas de pierres), terrasses et charbonnières, disparaissent petit à petits mais aussi chêne blancs isolés taillés pour la glandée. Ce parcours permet un formidable coup d’œil sur la face nord du Pic St Loup et lui donne toute sa puissance.

  LA DIAGONALE

Une rando-escalade, en voie presque directe vers le sommet du Pic. Une aisance dans le rocher est recommandée et aussi un bon souffle car ça monte raide. Dénivelé 400m, 1h30-2h, descente par le coté 2h.